Ceci n'est pas un slogan.

Janie Pomerleau

Année de graduation:
2007

Emploi ou métier:
Art-thérapeute

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Au secondaire, lors des tests pour aider au choix de carrière, les enseignants étaient bien embêtés par mon profil « artistique-conventionnelle-sociale ». Être conventionnel et artistique ne semblait pas pouvoir cohabiter dans une même personne. C’est en suivant mon intérêt pour l’art et pour mieux découvrir ma créativité que j’ai fait mon DEC en arts visuels et médiatiques au Cégep de St-Hyacinthe (2005-07). J’y ai découvert la complexité du mon « art », ma sensibilité visuelle, ma curiosité à découvrir l’inconnu et plus encore. J’y ai rencontré des créateurs de tous genres et de gens qui aiment réfléchir, confronter et explorer.

Pourtant, la partie de moi conventionnelle me bloquait à faire de la création ma vocation. J’avais besoin d’un cadre, de théories, d’une marche à suivre. Même si ma créativité m’invite à sortir du cadre, sans celui-ci je me sens perdue et anxieuse. Ne sachant pas trop quoi faire, je me suis dirigée vers l’histoire de l’art à l’université (Certificat, UQAM, 2007-08). Je me suis dit « je vais cadrer l’art ! ». Mais l’art ne se cadre pas. L’histoire de l’art n’est pas linéaire. Elle tourne sur elle même, elle fait des bonds et elle se ramifie. J’étais fascinée, mais perdue. J’avais l’impression d’être seule dans ma tête et dans mes textes. Je manquais de partage, de rencontres. Je me suis alors rappelé la troisième composante de ce vieux profil : SOCIALE.

Après mon certificat en histoire de l’art, je me suis donc embarquée dans un Baccalauréat de 4 ans en enseignement des arts visuels et médiatiques au primaire-secondaire (UQAM, 2008-12). J’aimais entrer en contact avec les autres par le biais de la création. Je suis convaincue que les cours d’arts au primaire et secondaire sont essentiels au développement équilibré des élèves.

Lors de ce parcours scolaire, je travaillais l’été dans les camps de vacances (2004-2010), et par la suite au camp du Musée d’Art Contemporain (2011-2016), où j’apprenais à créer des liens serrés avec mes campeurs et mes collègues. Ce type de lien me manquait dans mon parcours en enseignement. Les professeurs d’arts plastiques voient beaucoup d’élèves en très peu de temps et j’étais déçue de ne pas pouvoir prendre mon temps de créer des liens avec tous mes élèves. De plus, j’étais attirée par la portion intervention de l’enseignement. J’adorais garder les tannants après les cours pour discuter, trouver des solutions et mieux comprendre ce qui se passait.

À la suite de mon Bac, j’ai pris une demi-année pour voyager et réfléchir. J’aimais beaucoup l’enseignement, mais je sentais que je passais à côté de quelque chose. J’ai fait des recherches et j’ai trouvé le domaine de l’art-thérapie. L’art a plusieurs facettes et je n’avais jamais exploré le potentiel guérisseur de l’art.

Pour avoir accès à la Maîtrise en art-thérapie, il me fallait d’abord compléter des cours en psychologie (Certificat, UQAM 2013). Je m’y suis découvert une réelle passion pour la psyché humaine. C’est donc en réunissant mes intérêts pour la création artistique, la relation d’aide et la psychologie que j’ai entamé la Maîtrise en art-thérapie (Concordia, 2014-2016). Aujourd’hui, je suis à quelques mois d’être art-thérapeute professionnelle. J’ai fait des stages auprès de personnes atteintes d’Alzheimer, de femmes survivantes d’inceste, d’adultes atteints de troubles alimentaires et dans des centres d’art-thérapie communautaires. Les images peuvent souvent pallier pour ce que les mots ne peuvent pas dire. Je me sens nourrie par mon domaine, l’art et les patients. Je sens que j’ai finalement trouvé ce métier qui convient à mon vieux profil « artistique-conventionnelle-sociale » qui donnait tant de misère à mes enseignants du secondaire. Je réalise aussi que malgré mes questionnements et mes changements de cap, toutes mes formations s’unissent dans mon accomplissement académique.